Le portrait est un sujet qui me préoccupe beaucoup, peut-être en regard du travail de ma grand-mère portraitiste. A ma première exposition en 1998 (au Ken Club), j'avais fait poser des amis, depuis, je n'ai cessé de peaufiner cette longue série, dont ces quelques portraits d'amis, réalisées entre 2012 et 2013, hormis "Mosquée de Paris" datant de 2002

Shea Pin, huile sur toile, 73 x 60 cm Anne, huile sur toile, 65 x 54 cm

Shea Pin,
huile sur toile, 73 x 60 cm

Anne Vorms,
huile sur toile, 65 x 54 cm

Bébé 1, aquarelle, 46 x 37 cm

Mayssa,
aquarelle, 46 x 37 cm

Oumy,
huile sur toile, 46 x 55 cm

Nanouche, huile sur toile, 65 x 54 cm Mosquée de paris, huile sur toile

Nanouche,
huile sur toile, 65 x 54 cm

Mosquée de paris,
huile sur toile

Portrait contemporain - Arnaud Portrait contemporain - Pierre Krivo
Arnaud,
huile sur toile,
Pierre Krivo,
huile sur toile,

 

Souvenirs sur le thème du portrait:

« J’ai toujours peint les portraits de mes proches, sur le motif ou d’après photo.

Je me rappelle lors d’une séance de pose en 1998 chez G.M. amie d’enfance. Celle-ci me confiait à quel point c’était agréable de poser pour un peintre (je l’avais fait poser allongée sur un lit...).

Plus tard, vers les années 2000, j’ai peint le couple des directeurs du Ken Club: P. Benzaken et sa femme, en dyptique. A ce même Ken Club, j’ai fait la connaissance de la reporter Laurence Simon, qui oeuvrait à France Inter. J’étais allée la peindre en direct chez elle. Elle s’était fardée, enbijoutée et entortillée dans un châle. Ce fut l’occasion pour moi de commencer à peindre à l’huile (la sous couche était peinte à l’acrylique). J’étais très fière de ce portrait dans les jaunes qui me faisait penser au tableau « la gitane » de Van Dongen (musée de l’Annonciade à Saint-Tropez). Dans les années 1998 à 2000 j’ai aussi peint quelques amis: Emmanuel Y. (achat de son portrait par Mr et Mme P. des amis à moi) venait régulièrement poser à mon atelier avenue du général Leclerc. Je me souviens que j’avais du mal à faire tenir ce grand garçon dans un format 20F.

Farideh M , avocate, et Alain C, journaliste, donnaient eux aussi de leur précieux temps pour poser pour moi (l’ami Patrick M. m’acheta « la robe verte », portrait pulpeux de Farideh). Sans oublier Claire M. dont le portrait un peu « nabisant » fut acquis par ses parents.

En outre, j’ai réalisé de mémoire quelques portraits de ma famille... Puis j’ai rencontrais Jean-Pierre B., sa femme et leurs deux enfants. Ils me commandèrent leur portrait familial, ce qui donna lieu à une séance de photographie sur fond de jardin du luxembourg... Jean-Pierre me présenta à Emilien Bouglione. Et j’ai pénétré dans les coulisses du cirque d’Hiver pour e ff ectuer divers portraits dont celui du clown blanc Alberto Caroli (acquis par Emilien).

Quelques années plus tard, en 2006, chez Ivan B., j’ai rencontré M. et B. de F. qui m’ont commandé leurs portraits respectifs.

Je me souviens de cette séance tendue quoique sympathique; tandis que je peignais B., son mari dans mon dos exprimait son point de vue au moindre coup de pinceau sur tel ou tel détail de la face...Comment faisait ma grand-mère portraitiste pour ne pas être bloquée par les desideratas  de ses commanditaires?

Ayant gagné un peu plus de sous au moment où j’occupais un atelier à l’usine La Fabrique à Ivry, je rémunérais des modèles professionnels ou amateurs: des actrices (Mélanie et Tara), une jeune chômeuse (Aisséta)... Ces femmes servaient mes projets de tableaux: Tara me faisait penser à la Salammbô de Flaubert et mon tableau devenait symbolique et dramatique, Mélanie m’évoquait Jeanne d’Arc. Aisséta, de par sa religion musulmane ne souhaitait pas poser nue: je la peignis de dos, et en maillot de bain, tout l’accent étant donné à sa plante des pieds toute rose, qui contrastait avec sa peau chocolat.

En 2006, dans la même année prolifique en portraits pour moi, le directeur de la Maison de l’Alsace à Paris me passa une commande publique. Je dus alors réaliser dans mon atelier douze portraits de célébrités alsaciennes.

Celles-ci se déplaçant jusqu’à Ivry. Ce fut pour moi une grande pression, bref, je parvins à réaliser une série qui selon moi était trop figée. En revanche je trouvais quelques uns de mes fusains bien réussis comme ceux de Valérie Mischler chanteuse pendant son spectacle, d’Aladdin Reibel ou encore Marc-Antoine Pingeon, pianiste.

C’est à ce moment que je fis la connaissance du photographe Olivier Roller. La séance de portrait fut passionnante.

Je me suis rendue chez lui et il a posé pour moi, me fixant de son oeil intelligent tout en conversant avec un ami à lui. La conversation courait sur des textes érotiques, et Olivier guettait ma réaction, je suis restée de marbre, toute à mon portrait. J’avais achevé ce dernier en une heure avec le matériel le plus pourri qui soit: tubes d’acryliques achetés 3 sous au monoprix d’en bas, et papier kraft de mauvaise qualité.

Olivier me jeta dehors, estimant le résultat suffisant, mais garda le portrait chez lui. Une semaine plus tard un verdict est tombé de la bouche de son jeune fils « c’est tout papa!»

Il me fallut rencontrer un autre Olivier (Fréchet), en 2012, et des amis de la Grande Chaumière, pour attaquer une nouvelle série de portraits.

La femme la plus inspirante étant Shea Pin, une merveilleuse dessinatrice.

Posèrent aussi quelques amis artistes de la Fabrique (usine d’artistes à Ivry) dont Anne Vorms, Yéon Minh, Caroline Besse...

Et pendant toutes ces années, j’ai peint des autoportraits sans concession pour sonder mon savoir sur la Peinture...